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Vrai ou faux sur les émotions : d’où vient le bonheur ?

Nos émotions définissent notre manière de voir le monde, d’interagir avec nos proches et influent sur notre bonheur. Où naissent-elles ? Peut-on les contrôler ? Faut-il les minimiser ?…
Découvrez comment les utiliser de manière positive en triant le vrai du faux.

 

Les émotions, ça se passe dans la tête.

FAUX.
Les émotions sont une réaction physiologique d’adaptation à un stimulus extérieur.
Face à une situation, notre corps réagit de manière réflexe, en produisant des hormones qui se diffusent dans notre corps, comme l’adrénaline, liée à la peur, la noradrénaline et le cortisol, provoquées par le stress, ou encore un mix de sérotonine, endorphine, dopamine et ocytocine, liées au bonheur et au plaisir.

 

On peut contrôler ses émotions.

FAUX.
Les émotions correspondent à une réaction instinctive qui ne dépend pas de notre volonté. Ces réactions de notre corps ont permis la survie de l’humanité. Les émotions se matérialisent par des substances secrétées dans le corps, dont on subit les effets une fois qu’elles ont été produites. L’organisme met ensuite un certain temps à éliminer. Une fois la première réaction passée, on peut utiliser la réflexion pour analyser l’émotion, ses effets et adapter notre réponse. Cela demande un travail d’apprentissage et d’introspection.

 

Il y a de bonnes et de mauvaises émotions.

FAUX.
Les émotions sont nécessaires pour manifester nos besoins vitaux, signaler un besoin insatisfait ou assurer la continuité du lien social. Physiologiques et naturelles, elles doivent être évacuées.
C’est en apprenant à gérer la réponse apportée à nos émotions que l’on peut réussir à adopter un comportement positif ou négatif.

 

Il existe des émotions primaires communes à toute l’humanité.

VRAI.
Le psychologue Paul Ekman a décrit six émotions primaires, dont on peut repérer les expressions faciales chez tous les peuples humains : la joie, la peur, la tristesse, la colère, le dégoût et la surprise.
En plus d’être universelles, elles sont pré-figées génétiquement; c’est-à-dire qu’elles sont présentes dès la naissance. Les expliquer aux enfants leur permet de les reconnaître afin qu’ils apprennent peu à peu à verbaliser ce qu’ils ressentent.

 

Lorsqu’on ressent de la joie, le cœur bat plus fort et la respiration s’amplifie.

VRAI.
La joie est la seule émotion positive parmi les émotions primaires : nous la ressentons après avoir réussi quelque chose ou avancé de manière positive, c’est-à-dire lorsque l’un de nos besoins est satisfait ou proche de l’être. La joie correspond à la libération de dopamine (hormone du plaisir), sérotonine (hormone de la bonne humeur), adrénaline (hormone de l’excitation) et d’ocytocine (hormone du lien social), qui ont un effet à la fois relaxant et excitant. Ces hormones stimulent notre système nerveux, provoquant une suractivation de l’ensemble du corps qui est envahi par d’agréables vagues de chaleur et une plaisante surexcitation.

 

En grandissant, nous développons aussi des émotions secondaires.

VRAI.
Paul Ekman a également identifié les émotions secondaires, qui sont apprises et non innées. Elles ne remplissent pas de fonction biologique adaptative, comme la peur ou le dégoût.
Elles résultent de notre croissance, de nos interactions avec les autres et de la combinaison de plusieurs émotions primaires. Nous ne les exprimons pas forcément par des gestes ou des mimiques, ce qui les rend plus difficiles à identifier. Il a listé comme émotions secondaires la culpabilité, l’embarras, le mépris, le soulagement, l’amusement, l’enthousiasme, la fierté, le plaisir sensoriel, la satisfaction et la honte.

 

La manière dont nous ressentons certaines émotions dépend en partie de facteurs génétiques.

VRAI.
Nous ne sommes pas tous égaux face aux émotions. Ainsi, 10 % des variations d’empathie entre individus sont liées à la génétique (1), ce qui montre l’importance de l’environnement et de l’expérience personnelle dans la construction de notre rapport aux autres. Une étude, menée par l’université de Fribourg sur des couples mariés, a aussi montré que les individus, ayant un ou deux allèles courts sur le gène transporteur de sérotonine (hormone qui a une influence essentielle sur l’humeur et la gestion des émotions), réagissent plus fortement aux sentiments positifs et négatifs.

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Les émotions impactent notre rapport à l’alimentation.

VRAI.
L’éducation et notre environnement favorisent une relation de « récompense » ou de « punition » avec l’alimentation. On récompense un enfant avec un bonbon et on le menace de devoir terminer son assiette d’épinards. On associe le sucre et les friandises, à des événements festifs ou des moments réconfortants. Si avoir envie d’une tarte aux fraises reste un plaisir tout à fait légitime, il est important d’être conscient de ce lien entre émotions et aliments, afin de ne pas utiliser ces derniers comme une réponse compulsive à une émotion que l’on a du mal à gérer.

 

Il est préférable d’apprendre aux enfants à minimiser leurs émotions, comme la peur ou la frustration.

FAUX.
Les parents essaient souvent de recadrer un enfant qui fait une colère ou pleure « sans raison ». Il faut garder à l’esprit que les émotions ne surviennent pas sans raison, ce sont des réactions impulsives et instinctives face à un stimulus extérieur. C’est important de les laisser s’exprimer et d’apprendre aux enfants à les identifier et à les verbaliser pour peu à peu canaliser leurs réactions. L’éducation joue un rôle très important dans cet apprentissage de l’intelligence émotionnelle.

 

Dans le monde du travail, l’intelligence émotionnelle est désormais considérée comme aussi importante, voire plus, que le quotient intellectuel.

VRAI.
L’intelligence émotionnelle, c’est-à-dire la capacité à accueillir et gérer ses émotions, fait partie des compétences humaines recherchées par les entreprises. Daniel Goleman, dans son livre L’Intelligence émotionnelle explique que le QI serait responsable à seulement 20 % de la réussite, les personnes disposant d’une bonne intelligence émotionnelle et utilisant leurs sentiments à bon escient étant plus avantagées dans la vie. Savoir exprimer ses émotions, surtout les négatives, permet aussi d’éviter le burn out, qui résulte entre autres de l’accumulation d’émotions non exprimées.

 

Apprendre à identifier ses émotions permet de mieux comprendre la manière dont nous réagissons aux événements extérieurs. Les exprimer et les verbaliser contribue à la qualité de nos relations humaines. Ainsi, nous profitons pleinement des expériences positives que nous partageons avec nos proches. Une certaine idée du bonheur, somme toute !

 

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1 – Source Transitional Psychiatry, Genome-wide analyses of self-reported empathy: correlations with autism, schizophrenia, and anorexia nervosa, mars 2018.

2 – Source American Psychological Association, Genetic moderation of sensitivity to positive and negative affect in marriage, 2012.