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On en fait + pour vous

Rodrigue, du Comité-Clients, a testé le Samsung Galaxy Z Fold2

En tant que membre du Comité-Clients, Bouygues Telecom m’a prêté un smartphone récemment mis sur le marché pour que je donne mon avis en toute liberté. Il est même plus que récent car à l’heure où j’écris ces lignes il est encore en pré-commande. Je dois dire que dans d’autres circonstances je ne l’aurai peut-être pas essayé : il s’agit du dernier smartphone à écran pliable, le Samsung Galaxy Z Fold2.

Pour cet avis  je me suis laissé le temps de l’apprivoiser, de l’utiliser quelques jours avant d’écrire la moindre ligne. J’ai la chance de pouvoir en disposer pendant une dizaine de jours. Pour qu’il puisse vous aider je vais tenter de faire à la fois l’accusation et la défense.

Premier contact

Pour le décrire je parlerai de la face avant pour désigner celle qui porte l’écran que l’on voit le smartphone fermé. La face arrière sera celle qui porte le triple capteur. Le grand écran est à l’intérieur avec une moitié droite et une moitié gauche.

Au premier coup d’œil, il y a quelque chose de l’ordre de la pochette de maquillage dans sa forme et dans sa couleur (Mystic Bronze) quand le smartphone est fermé. Le fait est que cette couleur s’approche plus du vieux rose. Avec une coque (il y en a déjà en vente) ce sera moins visible. La version noire (Mystic Black) ressemblera plus à un appareil photo compact. Sur le site du constructeur on apprend qu’on peut également personnaliser la couleur de la charnière : metalic gold, silver, red ou blue.

Au premier abord on l’accusera d’être bien lourd (279 g) et encombrant mais étonnamment après quelques heures, cela paraît moins évident. Il tient dans la poche de mon pantalon sans tomber et après quelques heures je ne le sens pas peser sans pour autant l’oublier. Une ligne de défense consiste à se rappeler qu’on a dans la poche un smartphone et une tablette En regardant la face avant on est bien face à un smartphone avec un écran Super AMOLED de 6,2 pouces. En l’ouvrant on tombe sur une (petite) tablette de 7,6 pouces Dynamic AMOLED. Habituellement j’ai les deux dans mon sac. Je vais donc réduire le volume transporté, c’est pas mal.

Les finitions sont bien réalisées comme toujours chez Samsung à ceci près que la charnière est trop présente à mes yeux. Pour sa défense on peut voir cette charnière massive comme un signe de solidité là où on a la tentation de voir un élément fragile sur un smartphone pliant.

La triple caméra au dos est bien trop saillante. On en trouve deux autres incorporés l’une sur le premier écran (classique) et l’autre sur la moitié droite du grand écran intérieur.

Le volume comme le bouton d’allumage sont à droite. Ce dernier sert aussi de capteur d’empreinte.

Deux haut-parleurs équipent le smartphone. En position tablette ils se retrouvent de part et d’autre de l’écran ce qui me semble plutôt intelligent.

Le port USB C est sur la tranche du bas de la moitié arrière alors que l’emplacement sim (unique) se trouve sur la moitié avant.

On ne trouve pas de port jack, il faudra faire appel aux deux haut-parleurs ou à un dispositif Bluetooth (casque ou enceinte).

Ergonomie

Fermé, le smartphone a une forme plus longiligne que les autres et pour cause il mesure 16 x 7 cm environ avec un écran 25:9. Ce n’est pas habituel dira le procureur mais c’est assez élégant et on le tient bien en main répondra la défense. L’accès aux icônes de l’écran avant est facile. A contrario, le clavier virtuel sur cet écran est peu ergonomique. Dans cette position on a un haut-parleur en haut et l’autre en bas.

L’épaisseur n’est pas anodine : 14 mm si on ne compte pas les objectifs à l’arrière qui ajoutent 2 mm à l’ensemble. C’est massif mais encore une fois on le tient bien.

A l’ouverture, comme un livre, il faut s’y prendre à deux mains et on ne sait pas trop où mettre ses doigts. Un petit onglet, même léger sur chaque bord de l’écran interne serait un atout pour éviter la chute. L’avantage de cette rigidité de la charnière c’est qu’il ne s’ouvre pas tout seul lorsque vous le manipulez. Par ailleurs, cela lui confère une capacité à supporter toutes les positions entre complètement fermé et complètement ouvert. Cela peut être pratique.

A l’usage le capteur d’empreinte sur le bouton on/off tombe bien. Il est facile à trouver et on reste sur le même bouton que pour allumer ou éteindre l’appareil. Néanmoins il a régulièrement des ratés et c’est bien dommage.

Ouvert on est face à un écran de petite tablette mais bien agréable. La dernière mise à jour a réglé le seul problème que j’ai noté : si vous aviez une appli ouverte sur l’écran avant, celle-ci se fermait. Dans l’autre sens c’est un peu différent, il faut modifier des éléments dans les paramètres/écran de verrouillage/verrouillage sécurisé. En effet tout est prévu pour que le téléphone n’affiche plus rien lorsque vous fermez le grand écran. Sinon, pour plus de finesse, vous pouvez indiquer, dans les paramètres/affichage, les applications qui doivent continuer à fonctionner quand vous repliez l’appareil.

Sur l’écran de droite on trouve le même poinçon pour la caméra que sur l’écran avant. On se demande ce qu’il fait là. En fait, c’est bien pratique pour les webconférences sur le grand écran.

Le pli entre les deux demi-écrans n’est visible que si l’écran est éteint. Une fois allumé on ne le distingue que si on y prête une attention particulière. Il n’y pas de différence de luminosité ou de couleur à cet endroit. Cet écran est bien réussi.

Navigation, interface et écrans

Le Samsung Galaxy Z Fold2 utilise Android 10 avec l’interface One UI de la marque. (version 2.5 en cette fin septembre)  Cette interface est bien finie comme depuis toujours chez Samsung. Tout est fluide si on a bien paramétré le smartphone. En effet, sur l’écran interne uniquement, on peut régler la fréquence de rafraîchissement soit en 60Hz constant, soit en mode “adaptatif”. Ce dernier réglage peut faire monter la fréquence jusqu’à un maximum de 120 Hz et la faire descendre à 10Hz… mais la consommation énergétique sera plus grande dans ce mode.  A vous de voir.

Le paramétrage de la luminosité et des couleurs peut être adapté à votre goût et à vos habitudes. L’affichage peut être bien calibré que ce soit dans le mode sombre ou clair. Le mode sombre consomme moins d’énergie, je choisis toujours ce mode-là. Côté couleurs je préfère le ton naturel des couleurs mais le mode vif peut plaire aux habitués des couleurs qui flattent l’œil.

Quoi qu’il en soit vous serez face à de très bons écrans puisque les deux sont des AMOLED. Il faut juste s’habituer au format 6,2 pouces 25:9 pour la face avant et 7,6 pouces au format 22,5:18 pour l’écran interne. Au moins on n’est pas gêné par l’encoche de la caméra. Ce type de dalle donne toujours des contrastes élevés lorsqu’elles sont bien gérées et c’est le cas ici.

En pratique, regarder une vidéo sur l’écran interne est un plaisir. Choisissez le mode plein écran …même s’il ne sera pas rempli compte tenu des dimensions.

Un aspect particulièrement positif de son ergonomie est sa capacité à adapter son affichage. Par exemple dans une position à 90° vous verrez le texte que vous tapez sur un des moitiés et le clavier sur l’autre. Bien vu.

Des routines sont paramétrables selon le moment de la journée ou votre position (travail, domicile). Des modes par gestes ou d’une main permettent d’optimiser la navigation. On retrouve tout ce que Android 10 fournit et même plus.

Le mode multi-tâche est bluffant la puce de dernière génération (Qualcomm Snapdragon 865+) et les 12 Go de RAM aident certainement.

Sécurité

On trouve les habituelles mesures de sécurité avec les dernières en vogue dont le capteur d’empreinte et la reconnaissance faciale. La première fonctionne bien mais le lecteur d’empreinte a des ratés. Il reste toujours le mot de passe en cas de dysfonctionnement (ou du port du masque pour la reconnaissance faciale). J’ai dû souvent y recourir.

Réseaux, connexions et diffusion

Ce n’est pas un secret Samsung fait partie des fers de lance dans le réseau 5G. Le smartphone est prêt pour le déploiement. Évidemment tous les autres réseaux sont disponibles dont toutes les bandes de fréquence 4G françaises. Dans les paramètres vous pouvez choisir vos préférences de réseau. La réception est excellente et l’accroche rapide sur le réseau Bouygues de mon village.

Petit plus de ce test, le smartphone est compatible avec les esim de Bouygues depuis la dernière mise à jour de septembre. Ceux qui tiennent absolument à la possibilité d’avoir deux abonnements sur le même smartphone  peuvent donc s’équiper d’une SIM physique (nano) et d’une esim.J’ai fait passer la esim de mon téléphone personnel au Galaxy en un tour de main. C’est une des bonnes raisons de passer à l’esim.

La géolocalisation se fait grâce aux satellites  du système GPS et Glonass, je n’ai rien trouvé sur les autres systèmes….C’est fonctionnel et efficace de ce côté là.

On dispose de NFC, du Bluetooth 5 et de du Wi-Fi 6 : toutes les dernières moutures des connexions sans fil de la plus courte à la plus longue. La diffusion sur écran (cast) de Google marche bien.

On retrouve bien sûr toutes les capteurs désormais classiques : gyroscope, boussole, podomètre…

En somme, côté connexion, le smartphone ne se contente pas d’innover, il est équipé de ce qui se fait de plus récent. C’est bien et c’est cohérent avec la volonté de créer un smartphone d’avant-garde.

Photos / Vidéo

Les possibilités en photo et en vidéo sont multiples…peut-être trop pour le quotidien. Il faut bien s’informer et faire des essais pour le mode vidéo “pro” par exemple. SI vous choisissez la simplicité des modes à préréglages, vous n’allez pas être déçus. Il s’en sort bien dans toutes les situations.

Les 12 Mpx des différents objectifs sont suffisants pour des vidéos sont fluides et l’autofocus fait le job. Vous avez droit aux modes vidéo accéléré et ralenti. C’est drôle mais je ne m’en sers pas. Le mode pro est complexe mais il vous permet de régler le focus manuellement ou automatiquement ainsi que d’autres paramètres pour les plus exigeants

Pour les photos, elles seront claires et nettes même dans la pénombre au prix d’un lissage qu’on remarque un peu, mais rien de méchant.

Le zoom ne va pas loin mais bon c’est un smartphone. Au quotidien l’équipement du Galaxy Z Fold2 suffit amplement : du grand-angle au petit télé vous ferez face à la majorité des situations et les photos seront belles. Vous trouverez peut-être les couleurs un peu vives et  pas forcément conformes à la réalité, mais on ne dérape dans le clinquant.

Le mode portrait est flatteur. En selfie mes rides se sont estompées et l’arrière-plan était bien flou comme il faut.

Au quotidien l’écran pliable a deux avantages : à moitié ouvert il sert de trépied et complètement ouvert il permet de faire voir le cliché à celui qui est pris en photo (l’écran avant est alors visible du sujet).

Exemples de photos

Photo prise dans la pénombre sans flash et tout automatique. L’appareil utilise son ouverture max (f/1.8) une vitesse lente (1/11 s) et une haute sensibilité (ISO 1250). La photo n’est pas bruitée et reste détaillée malgré un lissage pour éviter le bruit numérique à cette sensibilité.

 

Prise à quelques centimètres de l’objet avec le mode “pro” de la fonction photo. Elles est prise en mode automatique avec une ouverture f/1.8, à 1/25 s avec une sensibilité ISO 400. Ce mode permet des mesures de la lumière plus perfectionnées et le résultat est très bon : la photo est détaillée et la lumière maîtrisée.

Le même objet pris à quelques secondes d’intervalle en mode normal. Les détails sont là mais moins contrastés et la lumière est moins bien gérée comme on le voit sur l’un des pieds du micro.

Le zoom est matérialisé en bas de l’écran d’affichage lorsqu’on prend une photo. En mode automatique le plus grand angle est de 1,74 mm on passe ensuite à 5mm puis à 6 mm ce qui fait un rapport de x3,4 aux deux extrêmes. La stabilisation est bonne comme on peut le voir sur la dernière photo où tout est bien net et lisible.

En mode paysage le grand angle équivalent 26mm embrasse une large plage sans effet de vignettage ou déformation. Les couleurs sont assez justes dans ce mode et on peut zoomer sans remarquer d’imperfections évidentes.

Audio

Les deux haut-parleurs du Samsung Galaxy Z Fold2 sont plutôt bons le son stéréo est puissant, agréable sans être tassé. Il faut juste faire attention à ne pas les boucher avec vos doigts. L’option Dolby Atmos des paramètres est à utiliser avec un casque. Vous avez quatre choix en l’activant : musique, film, voix et automatique. Les différences sont notables. En mode voix je trouve le son plus naturel mais ce sera à vous de choisir selon votre sensibilité.

Performances

Rien à redire de ce côté-là dans mes usages. Je ne vois pas comment on pourrait le prendre à défaut avec des écrans pouvant monter à 120Hz, 12 Go de RAM et un Snapdragon 865+, le tout avec un espace de stockage s’étend à 256 Go. Comme évoqué plus haut les vidéos sont fluides sans trainées ni saccades.

Autonomie

En stand-by (allumé avec une utilisation smartphone, écran unique) la batterie est à 50% après 48h. C’est un bon score.

En utilisation plus soutenue (email, recherches web, photos et vidéos, streaming vidéo) la batterie arrive à 50% en 24h. Encore un bon score.

Si vous passez plusieurs heures sur l’écran interne à regarder des vidéos ou à jouer et si vous le maintenez en activité constamment il tiendra tout de même la journée, il faudra le recharger le soir.

Cela dit, écologie oblige, je fais attention à n’utiliser que les capteurs dont j’ai besoin, un mode sombre, une fréquence de balayage à 60Hz, des couleurs naturelles et un éclairage de la dalle adapté manuellement.

Avec de tels réglages la batterie de 4500 mAh devrait me donner toute satisfaction et je pourrai même charger un autre téléphone grâce au “Powershare”, la possibilité de charge par induction inversée. Comme la charge rapide est de la partie et à condition de l’utiliser modérément, à moins d’être dans un lieu sans prises électrique plus de 48h… ça devrait aller.

Le verdict

Personnellement je trouve ce smartphone convaincant. Il ne lui faudrait que quelques petites améliorations esthétiques (couleur et charnière) et pratiques (onglet pour l’ouvrir). Il m’évite de transporter une tablette et un smartphone à la fois car je passe de l’un à l’autre selon mes besoins (lire sur un smartphone est un calvaire habituellement). Il tient bien dans ma main et ses performances dans tous les domaines sont au-dessus du lot.

Par contre, si vous cherchez un smartphone discret et léger et que vous ne vous en servez que pour le minimum des fonctions… il n’est pas fait pour vous.

Reste le prix élevé. Il est nécessairement réservé à certaines bourses ou à ceux en capacité de mettre de côté pour acheter un appareil hors du commun. Après tout c’est le prix d’un bon vélo, d’une montre de marque ou encore d’un ordinateur portable.

 

Le Samsung Galaxy Z Fold2

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