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Les idées reçues sur la fracture numérique

Suffit-il d’avoir un écran à la maison pour devenir un pro du web ? Être né après 1980 rend-il véritablement expert en nouvelles technologies ? Décryptage d’une fracture plus insidieuse qu’il n’y paraît.

 

Aujourd’hui en France, il existe encore des zones dépourvues d’accès Internet

VRAI
En 2019, 541 communes françaises ne disposaient pas d’accès Internet, ce qui représente 500 000 personnes. On appelle « zones blanches » ces territoires ne disposant ni de connexion fixe ni de réseau mobile. Il s’agit de zones rurales où la densité de population est faible.

A lire également : Bouygues Telecom a rempli son objectif de couverture dans les zones rurales françaises

 

Même dans les grandes villes, certaines personnes ne disposent pas d’équipements numériques

VRAI
Certaines personnes ne disposent pas d’un ordinateur ou d’un téléphone leur permettant d’accéder à Internet : c’est un autre aspect de la fracture numérique. Ainsi, dans l’agglomération Parisienne, 8% des habitants ne disposent pas d’un équipement Internet et ce chiffre monte à 12% dans les villes de 10 000 à 200 000 habitants. Il peut s’agir pour certains d’un problème financier, d’un manque d’intérêt ou de compétences numériques, mais pour d’autres, c’est toujours un problème d’éligibilité : si dans Paris intra-muros il est difficile de trouver un foyer qui ne soit pas éligible au très haut débit, qu’il s’agisse du câble, de la fibre ou d’une connexion ADSL performante, la réalité est différente en Seine-Saint-Denis ou dans le Val-de-Marne.

 

La fracture numérique concerne uniquement les personnes qui n’ont pas la possibilité d’accéder à Internet

FAUX
Disposer d’un équipement et d’une connexion Internet ne suffit pas à résoudre la fracture numérique : il existe aussi des inégalités dans l’utilisation de ces technologies. Il faut, d’une part, avoir connaissance des différents outils numériques (logiciels, sites web, applications) et d’autre part en comprendre le fonctionnement : comment utiliser un logiciel de traitement de texte ou un tableur, mais aussi comment se servir d’un navigateur web, du site d’une administration ou d’une entreprise de services, d’un réseau social…
38%(1) de Français manquent d’une compétence numérique de base et 2%(1) ne disposent d’aucune compétence numérique.
Pour ces personnes, on parle d’illectronisme, ou d’illettrisme numérique. Cela concerne 17%(1) de la population totale : un Français sur quatre n’est pas capable de s’informer via Internet, et un sur cinq ne sait pas s’en servir pour communiquer.

A lire également : Les notions clés pour comprendre la fracture numérique

 

La fracture numérique concerne tous les âges

VRAI
Les personnes les plus âgées font partie des plus touchées par la fracture numérique tant concernant le défaut d’équipement que le manque de compétences : 53%(1) des Français âgés de 75 ans ou plus n’ont pas accès à Internet depuis leur domicile et 90%(1) manquaient d’au moins une compétence numérique de base. Mais on note également parmi les publics touchés ; les personnes les moins diplômées ou disposant de revenus modestes , les personnes vivant seules ou en couple sans enfant, ou encore les résidents des DOM hors Mayotte (19,4%(1) déclarent ne pas posséder d’équipement, contre 11,4%(1) en France métropolitaine).

 

Être « digital native » et à l’aise avec un écran garantit une appropriation facile des outils professionnels

FAUX
« Paradoxalement certains jeunes, pourtant nés avec les nouvelles technologies et très à l’aise sur certaines applications, se trouvent parfois désemparés dès lors que l’utilisation devient moins ludique » : cet extrait du Livre blanc « contre l’illectronisme » nous montre que l’agilité des plus jeunes sur les écrans ne leur suffit pas à prendre leurs repères dans un cadre professionnel. En effet, les logiciels utilisés dans ce cadre (traitement de texte, tableur, logiciel de présentation, de comptabilité, ou encore applications métiers spécifiques) sont bien différents des applications du quotidien, qui sont conçues avec l’enjeu de s’adapter au plus grand nombre et de conserver l’attention d’un utilisateur qui se lasse vite. Dans le cadre professionnel, l’utilisateur n’a pas le choix et doit se plier à une interface plus complexe et souvent beaucoup moins intuitive.

 

La fracture numérique pose problème dans tous les domaines de la vie, pas uniquement la recherche d’un emploi

VRAI
En dehors du cadre professionnel, la fracture numérique rend aussi difficiles la plupart des activités quotidiennes :

  • Faire des démarches administratives ou bancaires ;
  • S’informer, faire des recherches sur un sujet précis pour approfondir une connaissance – pouvoir vérifier une information est devenu capital avec le phénomène des fake news ;
  • Acheter des biens ou services qui ne sont pas disponibles physiquement dans son environnement immédiat ;
  • Ou encore entretenir un lien social avec la famille et les amis, notamment les personnes éloignées (vivant dans une autre région, un autre pays).

Toutes ces activités passent aujourd’hui essentiellement par Internet, ce qui montre que les compétences numériques sont presque aussi nécessaires que le fait de savoir lire, écrire et compter. Manquer d’un accès ou de compétences numériques constitue donc un handicap réel dans la vie quotidienne.

 

Si l’on n’a pas accès ou si on ne sait pas se servir d’un ordinateur, il sera toujours possible de se débrouiller autrement

FAUX
Malheureusement, le confinement récent en est la meilleure preuve : il n’est parfois plus possible de contourner le canal numérique pour accéder à un service.
Ainsi, pour les victimes de la fracture numérique, des difficultés sont apparues brusquement dans de nombreux domaines pendant le confinement, car les services « physiques » étaient fermés :

  • Impossibilité de suivre les cours, les établissements scolaires étant fermés. Les solutions en ligne mises en place nécessitaient a minima de disposer d’un appareil numérique et de savoir l’utiliser ;
  • Difficulté à faire ses courses ou à consulter un médecin pour les personnes trop fragiles pour se rendre en magasin ou dans un cabinet médical ;
  • Impossibilité d’imprimer un coupon pour pouvoir prendre le TER, celui-ci n’étant disponible qu’en ligne ;
  • Et tout simplement, télécharger une attestation dérogatoire pour pouvoir sortir de chez soi, ou simplement connaître son contenu pour pouvoir la recopier sur papier libre, devenait extrêmement complexe pour une personne ne disposant d’aucun accès ou ne sachant pas utiliser un navigateur Internet.

 

La période de confinement a ainsi replacé, au cœur des préoccupations, le sujet de la fracture numérique. Comprendre les freins et accompagner au mieux les personnes concernées, font partie de nos engagements.

 

 

1 – étude de l’INSEE – octobre 2019